Cartographie métiers Monteur vidéo

Gros plan sur le métier de monteur 

 

Si vous aimez l'image, peut-être aimez-vous aussi l'organiser. En quelque sorte la faire vivre, plan par plan. Ce métier est celui du monteur vidéo. Toute production télévisuelle ou cinématographique passe par ce que l’on appelle la phase de montage. Cette étape, réalisée en postproduction, est indispensable pour permettre la cohérence des images et du son après un tournage. Un monteur vidéo est chargé de récupérer les rushes d'un film et de les « mettre en ordre » en vue d'une version finale prête à être visionnée par le public. Être monteur vidéo, c’est laisser parler sa créativité tout en respectant les délais mais c’est surtout savoir transformer beaucoup d'heures de plans en quelques minutes. Ce travail de fourmi nécessite une maîtrise technique et un bon coup d'œil. C’est un métier de fond vers lequel certains s'orientent dès leurs premiers pas dans le monde de la vidéo, quand d'autres cherchent à se perfectionner, ou passent le pas lors d'une reconversion professionnelle. 

 

Monteur vidéo : un technicien aux multiples facettes

Postproduction, dérushage, tournage, monteur truquiste, étalonnage, effets spéciaux, compositing... Le métier de monteur vidéo est riche et varié ! Son rôle ? Sélectionner avec précision des images en vue de les assembler pour en faire un montage cohérent et rythmé.  Le monteur effectue également la synchronisation du son de tournage au début du processus de montage, puis, avec ses logiciels de postproduction, assure des raccords entre les plans et les scènes en ajoutant si nécessaire, des effets visuels. L’ajout de sons (effets sonores, musiques) se fait parfois après le montage image, généralement par un monteur sonore (de plus en plus rare), mais parfois par le monteur vidéo lui-même. Le métier de monteur nécessite une certaine dose de diplomatie et de loyauté vis-à-vis de l'œuvre et du projet du réalisateur. 

C’est grâce au travail du monteur vidéo que nous voyons les films, les clips vidéos, les dessins animés, les reportages diffusés dans les journaux télévisés et tout autre montage diffusé à la télévision. Son travail permet d’éliminer les images inutiles ou indésirables afin de constituer une succession d'images plaisantes à regarder. Il peut travailler avec un scénario strict à respecter ou encore avoir carte blanche et imaginer la durée des plans, les incrustations, les effets... Il peut être amené à travailler dans le monde du cinéma (films, dessins, animés, bandes-annonces, etc.), de l’audiovisuel (émissions, télé-réalité...), d’internet (web TV ...) ou pour les entreprises et les marques (vidéos institutionnelles, publicités, développeur de jeux ...).

Pour ce qui est du lieu de travail, le montage peut être réalisé au sein d'une société de production, dans une salle de montage ou même chez lui. C'est souvent le cas pour des films aux budgets restreints. 

 

On distingue plusieurs facettes au sein même du métier de monteur tels que l'assistant monteur, le monteur truquiste, ou encore le directeur de postproduction.

 

  • L’assistant monteur aussi appelé le technicien monteur dans certains pays. C’est celui qui prépare les fichiers du tournage, les transferts, les conversions. Il est rapide, permet de «débroussailler» le travail et effectue un prémontage dans certains cas. En télévision, il peut travailler au sein d’une équipe de postproduction ou travailler seul. Il devient alors le monteur. C’est le plus souvent sur des sujets court comme le sport, de l’information, des émissions avec des habillages déjà préparés, des sujets chronologiques.
  • Le monteur truquiste quant à lui est un spécialiste des effets visuels et sonores, sert à agrémenter, corriger, compléter ou créer une production. Véritable magicien, il maîtrise des logiciels spécifiques pour de l'habillage ou du titrage notamment. En général, il intervient sur des parties de projets et il collabore avec un monteur vidéo si lui-même ne l’est pas.
  • Quid du directeur de postproduction ? Ce métier est apparu avec l’introduction des nouvelles techniques de montage (informatiques et numériques) qui ont nécessité la création de ce nouveau poste spécifique. Le directeur de postproduction est un technicien salarié, éventuellement délégué du producteur ou de la société de production, pour les finitions d’un film jusqu’au PAD. Sa qualité principale est sa bonne appréhension des moyens techniques nécessaires au bon achèvement du film, et ce, dans les meilleures conditions financières. Il doit aussi assurer l’organisation, la liaison et la bonne harmonie entre les membres des équipes engagées. Il est chargé d’assurer la liaison entre le producteur et les équipes techniques chargées du montage de l’image et du son.

 

A noter que les termes permettant de désigner et d'identifier les professions diffèrent entre cinéma et télévision. Chaque domaine a sa propre façon de communiquer. 

 

Les effets spéciaux font bon effet sur la profession 

Tiré par le développement de l’ensemble du secteur de l’audiovisuel, le marché de l’emploi des monteurs de la postproduction enregistre des statistiques réjouissantes.
Cette spécialité s’intègre à l’univers des effets visuels qui présente l’un des plus forts taux de croissance en matière de recrutement. Selon une étude du Centre National de la Cinématographie (CNC) d'avril 2019, la filière comptait près de 4 000 emplois en 2017. Soit un bond de 17% par rapport à 2016, atteignant son plus haut niveau depuis 2007.
En dix ans, ce sont plus de 1000 emplois qui ont été créés par ce secteur qui a enregistré, sur la même période, une hausse de 64% de créations d’entreprises. 

Sur ce marché, qualifié par l'étude «en tension, mais à fort potentiel », les pouvoirs publics ont mis les bouchées doubles avec l'élaboration d'un plan « effets visuels » en 2017. Son objectif ?: « créer et rapatrier de l'activité et de l'emploi en France ». Avec sur du moyen et long terme la vocation de faire de la France un acteur majeur des effets spéciaux.

On constate également une progression de 57 % de la masse salariale en 10 ans pour atteindre 63 millions d'euros (soit +23 millions d'euros). La production d'effets spéciaux s'est relocalisée à plus de 90% en 2017 et les besoins en recrutement sont importants. 

Selon le rapport de Jean Gaillard pour le CNC, la fabrication des effets visuels en France est installée dans le long terme et ne peut que se développer : la demande des contenus augmente ainsi que les canaux et le secteur recrute continuellement.
L’activité doit désormais faire face à une difficulté majeure pour assurer sa croissance : former suffisamment des professionnels et maintenir ces talents et savoir-faire en France. Les producteurs sont unanimes sur la grande difficulté de trouver des jeunes en France pour réaliser les trucages et les effets spéciaux qui sont de plus en plus présents dans les productions. Une problématique qui peut être résolue en proposant toujours plus de formations adaptées. Car on sait que le monteur vidéo dans sa forme « classique » est plutôt connu pour correspondre à l'expression : « beaucoup d'appelés pour peu d'élus ». Et que les salaires en fonction du domaine dans lequel on travaille peuvent considérablement varier. À l'instar des salaires prévus dans les conventions collectives dans l'audiovisuel et le cinéma. D'ailleurs, la convention collective a évolué, favorablement il y a peu, pour les monteurs évoluant dans le monde du cinéma. En attestent, les tableaux ci-dessous :

 

 

Secteur audiovisuel

Salaires au 01/08/2017 

Dans la grille ci-dessous, les salaires à la journée s’entendent pour des journées isolées (jusqu’à 4 journées consécutives dans une semaine). À partir de cinq jours consécutifs, c’est le tarif 39 heures qui doit être appliqué. S’il y a des journées supplémentaires consécutives, leur tarif sera obtenu en divisant par 5 le tarif à la semaine.

 

Salaires au 01/08/2017 

 

salaire minimum heb­do­ma­daire 39 heures*

salaire minimum journalier 8 heures**

Chef monteur spécialisé

1 331,49 €

295,89 €

Chef monteur (1)

1 167,75 €

259,50 €

Monteur (2)

965,66 €

214,59 €

Assistant monteur spécialisé

925,83 €

205,74 €

Assistant monteur (1)

732,70 €

162,82 €

Assistant monteur adjoint (3)

458,69 €

101,93 €

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Secteur cinématographie

 

Salaires de la grille 1 au 01/07/2019 :

 

salaire minimum heb­do­ma­daire*

Chef monteur

1 763,60 €

Chef monteur son

1 589,41 €

Premier assistant monteur

1 062,80 €

Deuxième assistant monteur

508,69 €

 

 

 

 

 

 

*Base 39 heures (35 heures + 4 heures sup­plé­men­taires)

Source : monteursassocies.com

Comme la majorité des métiers du cinéma et de l'audiovisuel, le monteur peut être soit salarié, intermittent ou indépendant. Selon une étude auprès d'un échantillon de monteurs, le statut d'intermittent est celui qui est le plus plébiscité de par son indemnisation « garantie » entre deux projets. Il ressort aussi que beaucoup d'intermittents cumulent désormais double statut : intermittent et... autoentrepreneur. Sur de petits projets, beaucoup d'entre eux jonglent avec ce statut d'indépendant pour assurer un travail en continu ou presque. Car il faut savoir que le métier de monteur est un maillon fort dans la chaîne de production. Il est coutume de dire qu'il y a plus d'heures de montage que d'heures de tournage.  C’est l’un des postes qui travaille le plus surtout pour les séries. Et ce n'est pas prêt de s'arrêter : les prévisionnistes parlent d'une croissance de l'emploi de 10 % entre 2010 et 2028. Le nombre de plates-formes, telles que les services de streaming, la multiplication des réseaux de diffusion et l'internationalisation des films laissent penser que tous les feux sont au vert dans les années futures. Cette croissance pourrait donc entraîner incontestablement plus de travail pour les monteurs.