Cartographie métiers Pilote de drone : un métier qui prend de l'altitude !


Lorsque les drones sont apparus dans le paysage français, il y a maintenant quelques décennies, ils étaient essentiellement destinés à un usage militaire. Dans les archives, le premier vol français date de 1917. Ceux de taille moindre étaient utilisés par les aéromodélistes dans un contexte de loisir. Au fil du temps, les progrès technologiques ont dopé les performances de ces aéronefs et ont depuis quelques années démontré leur aptitude à réaliser des missions civiles dans une multitude de domaines. Le métier de pilote de drone ou aussi appelé télépilote était né et la profession a ainsi pris son envol sans crash prévu à l'horizon !


La France : pionnière mondiale en terme de législation

La France a vite compris l'enjeu considérable que constitue la démocratisation des drones. C'est pourquoi il est devenu le premier pays au monde à avoir autorisé et légiféré sur les vols de drones civils professionnels. En 2012, alors qu'on dénombre à peine une cinquantaine de spécialistes, la Direction générale de l'aviation civile (DGAC) publie une réglementation assez libérale pour l'usage des drones. Autorisant même, dans certains cas, le vol hors de la vue du télépilote sur plusieurs kilomètres. Cette loi a permis au secteur de se développer considérablement pour devenir le domaine porteur qu'il est aujourd'hui. Lorsqu’ils pourront accéder à l’espace aérien au même titre que les avions disposant d’un pilote à bord, lorsqu’ils disposeront d'une législation moins opaque, de bandes de fréquences allouées, les drones devraient pouvoir consolider progressivement leur position dans le domaine civil. Car l'utilisation commerciale de drones a été certes autorisée dans de nombreux pays mais avec des réglementations visant aussi à limiter les risques associés à leur exploitation. Ces lois concernent notamment les drones de petite taille, télépilotés, évoluant à basse altitude. Les drones représentent donc une réelle opportunité de favoriser la création d’emplois et constituent une manne économique exponentielle. Les questions encore ouvertes concernant la sécurité, la sûreté, et le respect des droits des citoyens doivent encore trouver des réponses satisfaisantes pour tous.
Pour l'heure, cela n'empêche pas la profession de continuer son expansion. Ces objets connectés sans pilote se sont propagés dans toute l'économie pour devenir parfois indispensables dans certaines branches d'activité : ils savent cartographier, surveiller, identifier, livrer, informer. Historiquement, les premiers à avoir saisi l'opportunité du drone sont les acteurs du monde de l'audiovisuel. Les drones ont déjà colonisé la télévision et sont devenus incontournables dans les magazines, reportages ou documentaires... Puis le cinéma, via notamment l'explosion du nombre des séries, a intégré de plus en plus de séquences filmées par ces appareils. En permettant à la caméra de tournoyer autour des comédiens pour de longs plans séquences, ils réussissent des prouesses impossibles à réaliser de façon traditionnelle.

De nouveaux domaines d'exercice font décoller la profession

Les drones professionnels font donc de plus en plus d’adeptes. Ils ne sont plus réservés uniquement aux métiers de l’audiovisuel. Ces petits bijoux de technologie peuvent être de véritables outils de travail comme par exemple pour la réalisation de prises de vues aériennes, la surveillance d’ouvrages d’infrastructures ou encore d’exploitations agricoles pour en optimiser la gestion. On peut être télépilote de drone au sein de sociétés spécialisées dans le travail aérien, dans des entreprises privées, ou pour des productions audiovisuelles.
Par exemple, l'utilisation du drone dans la surveillance des réseaux a réussi à faire sa place : les opérateurs de réseaux les utilisent en matière de surveillance pour leurs infrastructures qui s’étendent sur des milliers de kilomètres. Contrôle, maintenance, recherche des pannes dans les zones peu accessibles, lutte contre le vol... Les applications sont multiples dans ce domaine.
Dans des terrains difficilement accessibles et praticables tels que les mines ou les carrières, les drones permettent de réaliser des études et des relevés au sol. De même, pour inspecter les infrastructures physiques difficiles d'accès, telles que les ponts et les immeubles de grande hauteur. Gain de temps et d’argent pour la réalisation rapide afin de recueillir des données topographiques et effectuer rapidement une modélisation des stocks.
En effet, la capacité des drones à pénétrer dans des environnements dangereux pour les humains les rend pertinents pour mettre sur pied des missions de recherche et de sauvetage. Ils peuvent être télépilotés à distance pour localiser les personnes dans des situations dangereuses au cœur de zones escarpées. Aux États-Unis, en 2017, environ 65 personnes ont été sauvées grâce à la technologie des drones. En juin 2018, ce nombre est monté en flèche, totalisant 133 personnes.

Plus récemment, les drones ont fait leur apparition dans de nouveaux secteurs :
− Services de livraison express : en octobre 2019, la société UPS a effectué sa première livraison médicale par drone ouvrant ainsi la porte à des livraisons de colis de routine par drones dans un proche avenir.
− Photographie aérienne pour les sociétés immobilières : les agents immobilier peuvent désormais obtenir des photos spectaculaires d'immeubles et de quartiers de loin. Des drones à des prix accessibles permettent de prendre des images et des vidéos de haute qualité pour une variété d'utilisations et offrir un produit différent aux clients potentiels.
− Réclamations d'assurance : les drones peuvent documenter les dommages au sol et aux bâtiments ou recueillir des images d'une scène d'accident.
Un drone est un vecteur aérien qui permet d’aéroporter toute sorte d’outils qui seront définis en fonction de l’objet et des besoins de la mission.


Se former avant tout

Avec la croissance exponentielle du marché des drones va effectivement demander des télépilotes de mieux en mieux formés. La réglementation distingue deux volets : la théorie et la pratique. S'agissant de la théorie, les pilotes de drone sont soumis à la réglementation aérienne :
− les opérateurs doivent figurer sur une liste établie par la DGAC qui mentionne notamment la nature de l’activité, le scénario de mission (Open et de S-1 à S-4), le constructeur et le modèle d’aéronef utilisé.
− les télépilotes doivent posséder une certification officielle (formation théorique) et une attestation de fin de formation et d’aptitude à la formation pratique de télépilotage de drone professionnel.
− les autorisations de vol passent par le dépôt préalable auprès des préfectures.

Côté pratique, l’exploitant doit déclarer sur l’honneur que les télépilotes disposent des compétences techniques nécessaires pour piloter le drone et pour réaliser les activités de travaux aériens. Si le pilote suit une formation, une attestation de stage lui est délivrée et cette dernière doit être fournie à la DGAC. Faire le choix de devenir télépilote de drone peut impliquer un éloignement du domicile de plusieurs jours et peut s'exercer en horaires décalés, en fin de semaine, jours fériés et être soumise à des astreintes.
Même si les tâches confiées à l’opérateur de drone peuvent varier selon le secteur d'activité, l’exercice de la profession requiert certaines qualités indispensables.
Tout d’abord, le télépilotage demande une grande précision et par conséquent un sens de l’orientation aiguisé. Ensuite, le professionnel doit s’assurer de la sécurité des personnes, des animaux ou des bâtiments qui l’entourent surtout en cas de chute de l’aéronef. La rigueur est donc de mise pour pratiquer dans les meilleures conditions. De bonnes capacités d’écoute et de communication seront donc un atout pour comprendre les demandes du client et mener à bien les projets. Néanmoins, sur le terrain, le télépilote d’aéronef est le seul maître de l’appareil et par conséquent l'unique responsable de ses vols. Il doit faire preuve d’une grande autonomie et d'une réactivité à toute épreuve.
Concernant la rémunération, il faut se méfier des chiffres annoncés très régulièrement sur le web qui ne sont qu'une estimation. En effet, en fonction de votre expérience, de vos spécialisations ou encore du matériel utilisé, la rémunération d’un télépilote de drone peut considérablement varier. Le salaire brut moyen d’un débutant très souvent annoncé est d’environ 2500 € par mois. Mais ce montant concerne davantage le travail en tant que salarié, un statut qui est loin d'être monnaie courante dans ce métier. La plupart des télépilotes sont indépendants et facturent donc à la mission. Il faut en moyenne compter 500 euros pour une mission d’une demi-journée. Le prix peut différer en fonction du secteur pour lequel vous fournissez votre prestation. La bonne nouvelle, c'est que les drones continuent de grignoter du terrain dans de nombreux domaines. Si bien que le secteur ne cesse de prospérer, comptant aujourd'hui 1300 petites et moyennes entreprises avec 3000 emplois, pour un chiffre d'affaires d'environ 50 millions d'euros rien qu'en France. Et les prédictions tablent même sur un potentiel de croissance pouvant atteindre les 30 milliards d'euros d'ici 2030 à l'échelle mondiale.